Pompe à chaleur : ce qui change le 1er septembre 2026
Le 1er septembre 2026 marque un tournant majeur pour les propriétaires souhaitant installer une pompe à chaleur (PAC). Deux grandes évolutions entrent en vigueur ce jour-là : de nouvelles conditions pour décrocher la prime Coup de pouce Chauffage et la fin des aides à la rénovation pour les logements qui conservent un chauffage au gaz. Voici ce qu’il faut savoir, clairement, sans détour.
Un nouvel agrément obligatoire pour toucher la prime Coup de pouce Chauffage
Ce qu’était la règle jusqu’ici
Jusqu’à présent, toute pompe à chaleur air/eau ou eau/eau conforme aux fiches CEE BAR-TH-171 et BAR-TH-172 pouvait prétendre à la bonification Coup de pouce Chauffage. Il suffisait de respecter les critères de performance énergétique (ETAS). Aucune restriction liée à la provenance des équipements n’existait : toutes les PAC conformes aux fiches CEE étaient éligibles, quel que soit leur lieu de fabrication.
Ce qui change à partir du 1er septembre 2026
À compter du 1er septembre 2026, la bonification Coup de pouce Chauffage ×5 sur les fiches BAR-TH-171 (PAC air/eau) et BAR-TH-172 (PAC eau/eau, eau glycolée/eau) sera conditionnée à la détention d’un agrément qualité et résilience industrielle, délivré par l’ADEME.
Concrètement, cet agrément atteste qu’un modèle de pompe à chaleur répond à des exigences de qualité (certification tierce partie) et de résilience industrielle (localisation de l’assemblage dans l’Espace économique européen). C’est donc une double condition : performance et origine européenne de fabrication.
Ces dispositions découlent de l’arrêté du 29 mai 2026 (dit « 82e arrêté CEE »), publié au Journal officiel le 30 mai 2026, qui modifie les textes fondateurs du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE).
Quelles PAC sont concernées — et lesquelles ne le sont pas ?
Seules deux fiches sont visées :
- BAR-TH-171 : pompe à chaleur individuelle de type air/eau
- BAR-TH-172 : pompe à chaleur individuelle de type eau/eau ou sol/eau
Les PAC collectives (BAR-TH-179, BAR-TH-180), les PAC hybrides, les PAC air/air et les chauffe-eaux thermodynamiques sont exclus du périmètre. Ces équipements restent éligibles à leurs primes CEE habituelles sans condition d’agrément.
Comment savoir si une pompe à chaleur est agréée ?
C’est l’une des questions pratiques les plus importantes. L’ADEME mettra à disposition sur une plateforme dédiée la liste des modèles éligibles. La première liste officielle des équipements éligibles sera publiée le 1er juillet 2026, puis actualisée chaque mois.
Avant toute signature de devis, il convient donc de vérifier la présence du modèle concerné sur cette plateforme, disponible à l’adresse bonus-pac.ademe.fr.
Par ailleurs, à compter du 1er septembre 2026, le numéro d’agrément du modèle installé devra figurer sur la preuve de réalisation et sur l’attestation sur l’honneur signée par le professionnel. Il doit également être renseigné lors du dépôt de l’opération sur le registre Emmy par le demandeur de CEE.
Un point important à ne pas négliger : l’enregistrement dans la base EPREL et l’obtention de l’agrément européen correspondent à deux démarches distinctes. Une pompe à chaleur peut être enregistrée sur EPREL sans disposer de l’agrément nécessaire pour la prime Coup de pouce. Autrement dit, la présence sur EPREL n’est pas suffisante.
MaPrimeRénov’ : la fin du financement pour les logements qui gardent le gaz
Une règle qui change fondamentalement la donne
La deuxième grande évolution concerne MaPrimeRénov’ Parcours accompagné, l’aide dédiée aux rénovations d’ampleur. Dès le 1er septembre 2026, les aides MaPrimeRénov’ pour la rénovation d’ampleur ne subventionneront plus les projets qui envisagent de conserver un chauffage au gaz à l’achèvement des travaux.
À compter du 1er septembre, l’aide versée via MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur d’un logement ne pourra plus être attribuée dans certains cas. En clair : si, après travaux, le logement continue de se chauffer au gaz, à l’huile ou au charbon, la demande d’aide est refusée.
La pompe à chaleur s’impose comme la solution centrale
Cette mesure s’inscrit dans un plan plus large. L’objectif affiché est d’installer un million de PAC d’ici à 2030. La rénovation énergétique pourra bénéficier des aides de l’État, sous conditions. La pompe à chaleur devient donc non plus une option parmi d’autres, mais le passage obligé pour les ménages souhaitant profiter des aides les plus généreuses.
L’État encourage particulièrement les installations de pompes à chaleur, aussi bien aérothermiques que géothermiques, dont l’efficacité énergétique dépasse largement les chaudières classiques. Cette politique favorise clairement la réduction des émissions de carbone.
Ce que ça change concrètement selon votre situation
Votre devis est signé avant le 1er septembre 2026
Bonne nouvelle : les projets déjà signés, et tous les devis qui seront signés avant le 31 août 2026, bénéficieront des anciens critères d’éligibilité — pas d’obligation d’agrément européen pour obtenir le Coup de pouce Chauffage dans ces cas.
Le critère retenu pour l’application des nouvelles règles est bien la date de signature du devis. Il est donc recommandé pour les professionnels de finaliser les signatures avant le 1er septembre 2026 lorsque cela est possible.
Votre devis est signé à partir du 1er septembre 2026
Dans ce cas, pour bénéficier de la prime Coup de pouce Chauffage bonifiée, la PAC installée devra obligatoirement figurer sur la liste des modèles agréés publiée par l’ADEME. Si ce n’est pas le cas, le forfait de base CEE demeure acquis pour toute PAC conforme aux fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172, agréée ou non. Ce n’est donc que la bonification (le multiplicateur ×5) qui est conditionnée à l’agrément.
Les montants en jeu
Pour donner une idée concrète de ce qui est en jeu financièrement : avec la prime Coup de pouce Chauffage, l’aide peut atteindre jusqu’à 7 534 € pour une PAC air/eau et jusqu’à 8 238 € pour une PAC eau/eau. La différence entre une PAC agréée et une PAC non agréée peut donc représenter plusieurs milliers d’euros de prime en moins.
Les conditions à remplir pour bénéficier de la prime bonifiée après le 1er septembre
Pour résumer clairement l’ensemble des critères cumulatifs après la bascule : le modèle installé doit respecter les conditions d’éligibilité de la fiche BAR-TH-171 ou BAR-TH-172 ; le logement doit être occupé à titre de résidence principale ; la PAC doit venir en remplacement d’une chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz ; et le modèle installé doit détenir l’agrément à la date d’engagement de l’opération — c’est-à-dire à la date de signature du devis.
Ce qu’il faut retenir et ce qu’il vaut mieux faire maintenant
Le 1er septembre 2026 est une date charnière pour toute la filière de la rénovation énergétique. Deux signaux forts se superposent. D’abord, la prime Coup de pouce Chauffage est désormais réservée aux PAC fabriquées et assemblées en Europe, dans une logique de souveraineté industrielle. Ensuite, MaPrimeRénov’ se ferme aux logements qui maintiennent un chauffage fossile, accélérant la transition vers la pompe à chaleur.
Pour les particuliers, la marche à suivre est simple :
- Avant le 1er juillet 2026 : se rapprocher d’un professionnel RGE pour évaluer le projet et préparer le devis.
- Dès juillet 2026 : vérifier la liste officielle des modèles agréés sur bonus-pac.ademe.fr avant toute signature.
- Avant le 1er septembre 2026 : si le projet est prêt, signer le devis pour bénéficier des règles actuelles, plus souples.
- Après le 1er septembre 2026 : s’assurer systématiquement que le modèle retenu porte bien un numéro d’agrément valide avant tout engagement.
Ces changements ne doivent pas freiner les projets de rénovation. Bien au contraire, ils clarifient le paysage et orientent vers des équipements de qualité. La pompe à chaleur reste l’un des investissements les plus rentables et les mieux aidés du marché — à condition de bien choisir son modèle et de respecter le calendrier.